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NICOLAS LANGELIER

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Chinoiseries

Durant mes études en graphisme, l'un des running gags consistait à chercher des opportunités d'utiliser la fameuse fonte caractéristique des menus de restaurants chinois. Bien sûr, l'occasion ne se présentait jamais, parce que la fonte en question est juste trop laide.

Bienheureux les infographes de RDS, cependant, qui ne se laissent pas arrêter par cette chose plate et conventionnelle qu'est le bon goût...

Chine

Persévérance

Je travaille plus ou moins régulièrement à un roman, depuis un an. C'est un exercice pénible, parfois enivrant mais, beaucoup plus souvent, plutôt déprimant. Parce que ce n'est pas aussi bon que je voudrais, que les images fantastiques que j'ai dans la tête sortent tout croche sur l'écran, que j'imagine déjà les critiques désastreuses, malgré tous mes efforts pour ne pas penser à ce genre de choses. Souvent, j'ai juste envie d'arrêter net, et de retourner aux choses avec lesquelles j'ai assez de familiarité et d'expérience pour les faire avec un peu plus de compétence. Mais je continue, parce que... Parce que.


Je viens de voir cette vidéo faite par Ira Glass, l'animateur de la fantastique émission This American Life. Glass y explique brillamment ce qui fait qu'on se sent comme ça, dans ce genre de situation: c'est à cause de notre goût. Parce que vous voyez, on est cette personne avec un goût impeccable, qui a apprécié tous ces merveilleux romans (ou reportages, ou films, ou disques, ou whatever), qui sait ce qui est bon et ne l'est pas. Mais voilà, durant notre apprentissage d'une nouvelle forme, il y a un écart entre ce que notre goût nous dicte et ce que nous sommes capable de faire... Autrement dit, nous savons à quel point nous sommes poche. D'où une immense déception, quand on est le moindrement perfectionniste (comme moi, et la plupart d'entre nous, j'imagine).

Mais le truc, nous rappelle-t-il, c'est de persévérer, de bûcher, de continuer à travailler. Un jour, à force de travail et d'effort, nous serons moins poche. Peut-être même bon, si tout va bien. Mais en attendant, il faut juste accepter de produire des choses qui ne sont pas aussi bonnes qu'on le souhaiterait...

Via 43folders

Dans le salon de Pony Up

Un avertissement, d'abord... Sur l'échelle Quebecor de l'inceste médiatique, la chose doit sûrement scorer assez fort: sur le site du magazine que j'ai fondé, un topo sur le groupe de ma coiffeuse, réalisé par une amie et par, hmm, quelqu'un de très proche. Déplorable, vraiment. Mais j'espère que ce navrant conflit d'intérêt ne vous empêchera pas de croire en ma subjectivité si je vous dis que ça vaut la peine d'y jeter un coup d'oeil...


Dans ton salon, Pony Up from P45 on Vimeo.

Médias et diversité des voix: ma journée à Rideau Hall

300px-Flag_of_the_Governor-General_of_Canada.svg Le mois dernier, j'ai été invité à passer une journée à Rideau Hall, la résidence officielle de la Gouverneure générale, en compagnie de Leurs Excellences elles-mêmes et d'une vingtaine de participants issus du monde des médias. Le motif: un Point des arts consacré la question de la diversité des voix dans les médias canadiens, une question qui me préoccupe beaucoup, à titre personnel de même qu'en tant que président de l'AJIQ

On peut voir un extrait des discussions ici. Et aussi ici, et .

Il a été intéressant de constater la diversité des points de vue, parmi les invités. Pour ma part, j'ai abordé la question sous l'angle de la concentration des médias, puisqu'il s'agit à mon avis de la plus grave menace qui pèse actuellement sur la diversité médiatique au pays. 

On ne le dit pas assez, mais le Canada est l'un des pays industrialisés qui compte le plus haut taux de concentration de la presse. Dans une grande ville comme Vancouver, par exemple, une seule entreprise (CanWest Global) contrôle les deux principaux quotidiens (le Vancouver Sun et le Province, de même évidemment que le National Post), la station de télévision la plus écoutée (Global) et la plupart des hebdos de quartier. Et quand on sait que la famille Asper, propriétaire de CanWest, n'hésite pas à utiliser ses médias pour diffuser ses opinions politiques (comme l'appui à Israël malgré son occupation illégale des territoires palestiniens), il y a de quoi être inquiet.

Pourtant, on n'en parle presque pas. Oh, il y a bien quelques discussions entre journalistes, à l'occasion de certains congrès ou d'événements comme ce Point des arts––mais le reste du temps, on continue à se mettre la tête dans le sable, et à faire semblant de ne pas voir cette menace grandissante contre la démocratie. Le gouvernement continue à ne pas vouloir agir, les citoyens ne manifestent pas leurs craintes (mais comment être craintif, bien sûr, quand personne ne nous informe de la gravité de la situation?). 

Encore aujourd'hui, je lisais que le Bureau de la concurrence, sensé protéger l'intérêt des consommateurs, recommanderait au CRTC de ne pas tenter de favoriser la concurrence dans le domaine des nouveaux médias... 

Jusqu'ici tout va bien, comme on dit.

Seulement l'été

Slow news day... Un titre qu'on croirait tiré de The Onion, mais qu'on peut bel et bien lire sur le site de Radio-Canada.
Titre

Projets littéraires

C'est un peu absurde comme situation, mais l'automne prochain, j'aurai deux livres qui seront publiés à peu près en même temps, chez deux éditeurs différents. Et avant de tomber en vacances, j'avais envie d'en parler pour la première fois...

Le premier livre s'appelle Quelque part au début du 21e siècle, et sera publié aux Éditions de la Pastèque. C'est une idée que j'ai eue, et la Pastèque m'a fait le grand plaisir d'embarquer immédiatement dans ce projet un peu fou: demander à des gens de moins de 40 ans issus de plein d'horizons différents (auteurs, journalistes, cinéastes, designers, illustrateurs, photographes, politiciens, professeurs, etc.) de nous offrir leur vision de notre décennie, en leur donnant carte blanche sur la forme. Il y a donc toutes sortes de choses, dans ce livre: des nouvelles, des essais, des illustrations, de la bande dessinée, des courriels, même un conte médiéval. 


Ont accepté de me donner un portrait très personnel de leurs années 00: Isabelle Blais, Marie Hélène Poitras, D.Y. Béchard, Evelyne de la Chenelière, Nicolas Dickner, Eric Dupont, Seripop, Rafaële Germain, Karina Goma, Rima Elkouri, Marc Cassivi, Simon Olivier Fecteau, Stéphane Lafleur, François Létourneau, Mélanie Vincelette, Émilie Dubreuil, Navet Confit, Fanny Britt, Jimmy Beaulieu, Hugo Latulippe, Otarie et plusieurs autres. En tout, il y a une quarantaine de collaborateurs; je donnerai la liste complète plus tard cet été. Et le design est assuré par Feed, avec qui j'avais travaillé sur les deux derniers numéros papier de P45. Une belle gang, donc, et un beau projet. Bien hâte que vous voyiez ça.


***


Le deuxième livre est plus simple dans son concept et sa forme. Mais c'est quelque chose qui m'a été demandé à maintes reprises depuis quelques années: «Quand est-ce que tu vas faire un recueil de tes Dix mille choses vraies?». La réponse est donc: cet automne, aux Éditions Les 400 Coups.


Et ce n'est que le tome 1 des Dix mille choses qui sont vraies, bien sûr: de 9 901 à 10 000. Les 99 autres tomes suivront au cours des prochaines décennies.


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Voilà. Plus de détails sur tout ça d'ici la rentrée!

Château de cartes

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Dans le Globe and Mail d'aujourd'hui:

“If the U.S. slides away into recession, then [China] could fall apart like a house of cards,” Mr. van Batenburg says.


Le M. van Batenburg en question est responsable de la recherche pour Louis Capital, un gros courtier new-yorkais. Bien sûr, rien ne dit qu'il a raison, et que l'économie chinoise s'écroulera vraiment, si les États-Unis connaissent une récession. N'empêche, ce serait quand même intéressant d'assister à la chose, ne serait-ce que pour voir ce qu'auraient alors à dire tous les «experts» et les journalistes économiques qui chantent depuis deux ou trois ans la force économique de la Chine, et son avenir imminent en tant que puissance mondiale... Comment s'expliqueraient-ils alors? Quelles excuses donneraient-ils pour s'être trompés de façon aussi spectaculaire?

Déjà, la semaine passée, Les Affaires rapportait que l’époque des délocalisations vers la Chine tirerait peut-être à sa fin. Selon un sondage effectué auprès de 321 dirigeants d’entreprises manufacturières nord-américaines, beaucoup songent (déjà!) à déplacer leurs activités de production chinoises vers d’autres pays asiatiques, ou carrément à les rapatrier.

La Chine est peut-être un géant économique, mais c'est de toute évidence un géant aux pieds d'argiles. Il est quand même étonnant que ça, on l'ait si peu lu et entendu, dans l'océan de couverture médiatique qui a été consacré à la Chine, depuis quelques années. Peut-être parce que c'était beaucoup plus vendeur de faire peur au monde avec un péril jaune version années 00?

Leadership

J’écoutais tout à l’heure les Années lumières, l’émission scientifique de Radio-Canada. On y présentait entre autres un reportage sur les jeux vidéos spécialement conçus pour «arrêter de fumer, brûler des calories, suer, maigrir, apprendre à se nourrir et, pourquoi pas, prendre un peu de muscle, le tout en s’amusant».

Encore une fois, c’est la technologie qui va venir nous sauver, croyons-nous. La responsabilisation individuelle? Les changements d’habitudes et de façons de faire? Pas besoin, quand la science est là pour voler à notre aide. Nous, individus hypermodernes, avons une confiance infinie en la technologie pour prendre en charge tous les maux de l’expérience humaine.

20080619-095516-g On a vu deux autres exemples de cette attitude, cette semaine : l’engouement gouvernemental pour les véhicules électriques, et le plan vert de Stéphane Dion.

Dans les deux cas, c’est la technologie (couplée à la technocratie, dans le cas du plan libéral) qui est perçue comme la solution à tous nos problèmes. La planète ne peut subvenir à nos besoins? Notre désir d’une croissance économique illimitée n’est pas compatible avec les ressources terrestres, qui elles sont on ne peut plus limitées? Pas grave : la technologie va nous permettre de trouver une solution.

Mais c’est une illusion, bien sûr. Encore une fois nos dirigeants nous disent ce que nous voulons bien entendre, plutôt que ce qu’ils devraient nous dire, s’ils assumaient véritablement leurs responsabilités et agissaient vraiment comme ce qu’ils prétendent être, des leaders. Parce que la vérité, c’est que nous ne pouvons plus continuer comme ça, à vouloir que l’économie et la population croissent sans cesse, à consommer toujours plus, à désirer notre propre véhicule de déplacement motorisé, à habiter toujours plus loin de notre lieu de travail, à vouloir des maisons plus grandes et des produits moins chers et des voyages en avion toujours plus fréquents. Tous les véhicules électriques et toutes les taxes du monde ne pourront compenser pour notre voracité collective.

Depuis 150 ans, la science et la technologie nous ont permis d’emprunter de façon exponentielle sur le capital des ressources de la Terre. Mais le rythme actuel n’est pas soutenable, et peu de gens osent affronter cette réalité : le capital sera bientôt à sec. Et donc la fuite en avant se poursuit, pendant que nous continuons à avoir une foi aveugle en la technologie pour venir effacer les conséquences de notre gaspillage, de notre inconscience et de notre irresponsabilité. En ce sens, nous avons les dirigeants que nous méritons, bien sûr.

P45: le concours de cartes postales

P45 a un concours, en ce moment: on veut savoir où vous ne partirez pas cet été. Le prix, pour la meilleure réponse: une carte postale envoyée par la cinéaste Anaïs Barbeau-Lavalette ET la chance d'avaler un shooter en sa compagnie. Tous les détails sont ici.

Et voici la charmante autopromo, qui vous permet entre autres de découvrir le casier postal de P45 et le naturel désarmant de son rédacteur en chef.


La boîte à malle P45 from P45 on Vimeo.

Le 21e siècle n'a pas fini de nous surprendre

En faisant des recherches pour un article, je n'ai pas pu m'empêcher de remarquer que, sur Wikipédia, outre l'anglais et le français, la poutine a droit à une entrée en allemand, en suédois, en russe, en japonais, en mandarin et même en hébreu.


Suedois Russe Jap Mand Hebreux

Du jour au lendemain, ma vie est 7% meilleure

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Oh que j'aurais aimé m'y mettre plus tôt, à TextExpander, cette fabuleuse petite application Mac qui permet d'attribuer des abréviations à des mots, des images, des signatures courriel, presque tout ce que vous voulez en fait, et qui transforme automatiquement lesdites abréviations au fur et à mesure que vous les tapez, que ce soit dans un logiciel de traitement de texte, votre utilitaire courriel, votre navigateur Web, Facebook, tout ce que vous voulez. 

Si vous écrivez beaucoup et que vous êtes sur Mac, il vous faut TextExpander. 
(Pour écrire cette phrase, j'ai tapé «Si vs écrivez bp et que vs êtes s/ Mac, il vs faut TextExpander.»)

Déontologique? Non. Mais comique? Oui, un peu.

Tiré de l'infolettre de la FPJQ:
MédiaMatinQuébec a été blâmé pour avoir mis en page couverture une grande photo de Hubert Lapointe, journaliste chez Canoë à côté du titre «Viol d’une femme». Le Conseil a jugé que l’association du titre et de la photo «pouvait laisser l’impression au lecteur que M. Lapointe était l’auteur de cette agression, ce qui est parfaitement inexact.»
La représentante de MédiaMatinQuébec a notamment expliqué la présence de la photo par le fait que «le plaignant est l’auteur d’un article où fut dévoilée l’identité d’une victime d’agression sexuelle en dépit d’une ordonnance de non- publication.» 
Canoë est une des agences qui alimente le Journal de Québec dont les journalistes en lock out ont fondé le MédiaMatinQuébec. La Commission des Relations de travail doit décider si les journalistes de ces agences peuvent être considérés comme briseurs de grève.

Le mot du jour

Voilà un article Wikipédia qui va devoir être enrichi un petit peu: Interculturalisme

J'adore les accents

Chronique magazines

Il n'y a pas d'édimestre à Christiane Charette aujourd'hui, alors voici les liens vers les magazines dont j'ai parlé lors de ma chronique de ce matin.

Lapham's Quarterly
Gazette des femmes
Maisonneuve
Coupé

Aujourd'hui, la chronique peut être entendue en allant ici et en cliquant sur «La troisième heure».

QUELQUES TEXTES, CHRONIQUES ET CHOSES DIVERSES

  • Un aperçu de mes contributions récentes à des journaux, magazines, sites web, émissions radiophoniques et autres.

Chroniques télé

Critiques

Irrepressible.info





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